Place Beauvau, Gérard Collomb s’attaque à l’infiltration islamiste



C’est un sujet tabou depuis longtemps et le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a le mérite de s’y attaquer en vue d’une nécessaire réponse judiciaire.

Ces dernières années, un certain nombre de témoignages et d’articles de presse relatait sans trop de détails des cas d’individus « radicalisés » – ayant des sympathies avérées pour l’idéologie islamiste – qui travaillaient au sein de diverses institutions et d’entreprises publiques ou semi-publiques.


Tant aux Aéroports de Paris (ADP) par exemple que dans la police nationale, plusieurs individus avaient été écartés au motif que leurs velléités extrémistes pouvaient constituer un problème de sécurité tant pour leur entourage professionnel que pour le public en général.

Considérant l’ampleur de la problématique dont les manifestations parfois les plus vives se retrouvent parfois aux abords – si ce n’est à l’intérieur – de missions diplomatiques françaises, Gérard Collomb a confié au quotidien Le Parisien vouloir « pouvoir muter et radier un fonctionnaire radicalisé » dans le cadre du nouveau projet de loi antiterroriste qui sera débattu la semaine prochaine à l’Assemblée nationale.

Il s’agira aussi de pouvoir procéder à des vérifications non seulement avant l’emploi d’agents chargés de missions de sécurité et de défense mais aussi pendant toute leur carrière en cas de suspicion de radicalisation.


« Il faut pouvoir muter et radier un fonctionnaire radicalisé lorsqu’il exerce des missions de souveraineté ou un métier en lien avec la sécurité. La mesure concernera les policiers, les gendarmes, les militaires, les douaniers et le personnel pénitentiaire, » explique Gérard Collomb qui estime à plusieurs dizaines le nombre d’individus radicalisés ayant été détectés.

Si une telle mesure s’inscrit dans la logique d’une aggravation générale du contexte sécuritaire et de quelque porosité déjà ancienne de l’appareil régalien, elle constitue un pas positif de la part du gouvernement dans la lutte contre le terrorisme. Cependant cette mesure devra-t-elle être particulièrement bien encadrée afin de ne viser que des individus résolument hostiles et de ne jamais pouvoir s’étendre au champ politique stricto sensu.

Auteur : Le Politique

Le Politique publie divers articles destinés à susciter le débat politique.

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