Le terrorisme réussit sa percée, de la ville aux campagnes



Depuis plusieurs années, les attentats et les tentatives d’attentat se multiplient, les victimes aussi. Plus diffus et parfois écarté d’une qualification terroriste peut-être par « précaution » politique (1), l’acte terroriste se banalise et installe un climat de tension dont nos dirigeants politiques ne semblent pas comprendre qu’il nous mène à la conflagration qu’il faut absolument empêcher.

Existent les actes les plus connus comme la récente tentative sur les Champs Elysées à Paris le 19 juin 2017 (2) puis l’autre à la gare centrale de Bruxelles le 20 juin 2017 (3). A chaque jour son attentat où presque dans une Europe où de tels faits étaient encore rarissimes il y a seulement quelques années, et c’est d’autant plus vrai pour les modes opératoires qui varient désormais de l’usage de véhicule-bélier à la ceinture explosive. Ce qui était hier vu à la TV par les européens concernant le Moyen-Orient se passe désormais au cœur de chez eux.

Ainsi et aussi à chaque jour son lot de « faits divers » dont les motivations pas toujours très aisées à établir ont une forte connotation d’extrémisme et installent un peu partout la « terreur », l’objectif premier de la « méthode terroriste ». Un jour c’est un agriculteur attaqué à coups de machette dans son tracteur alors qu’il travaille son champ (4), un autre jour c’est un individu radicalisé arpentant les rues d’une ville provinciale en mimant le tir d’une arme et en faisant l’apologie du terrorisme (5).

Voilà ce que sont devenues l’Europe et surtout la France, de gigantesques espaces « d’expression » pour un terrorisme qui s’infiltre partout dans la vie quotidienne sans que les gouvernements ne prennent pour autant toute la mesure d’une menace spontanée qui est en passe de les déborder. Surprotégés, les dirigeants politiques n’ont que peu la notion de la vie habituelle du citoyen moyen confronté non seulement au risque physique mais plus encore à l’angoisse.

Destructrice de l’unité nationale, cette dernière est démultipliée lorsque le citoyen lambda, guère autorisé à se protéger, apprend qu’un individu fiché S est autorisé à détenir des armes et trouve le moyen de se procurer un fusil d’assaut Kalachnikov – avec silencieux. La menace semble plus grave pour la stabilité de nos pays que ne l’avouent les gouvernements et pourtant se contente-t-on de nouvelles lois sans prendre les mesures qui, progressivement, muteraient l’Europe de la faiblesse d’un avenir très sombre à l’espoir de redevenir une terre de Liberté.

Pour conclure, la problématique des fichés S est révélatrice d’une incapacité collective à se remettre en question : à quoi bon savoir qui menace si ce n’est pas pour agir en amont ? Ce qui n’a pas marché hier ne marchera pas demain, il faut donc avoir le courage de garder ce qui fonctionne et de cesser ce qui dysfonctionne.

(1) Meurtre de Sarah Halimi : des zones d’ombre persistantes dans l’enquête (Sud Ouest, 16/06/2017)

(2) Champs-Elysées: fusil avec silencieux, couteaux. L’inquiétant arsenal de Adam Djaziri (L’Express, 20/06/2017)

(3) Acte terroriste à Bruxelles: “Barrez-vous! Mais barrez-vous!” (La Libre, 21/06/2017)

(4) Lot-et-Garonne : un agriculteur attaqué à la machette par un homme radicalisé (Sud Radio, /06/2017)

(5) Un homme interpellé pour apologie du terrorisme (Le Perche, 20/06/2017)

Auteur : Le Politique

Le Politique publie divers articles destinés à susciter le débat politique.

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