Hillary Clinton serait-elle, comme tout Washington, dupée par les Russes ?



A l’écouter, la candidate Démocrate Hillary Clinton a perdu l’élection présidentielle américaine 2016 à cause de trois raisons conjuguées : « les Russes », l’ancien directeur du FBI James Comey et Donald Trump. Elle affirme (1) avoir été un mois avant le scrutin de novembre 2016 la cible d’informations que « les Russes, (…) n’auraient pas su comment transformer (…) en armes sans l’aide d’Américains. »

Sur ce point, Hillary Clinton a tort puisque la désinformation – dezinformatsiya – et l’exploitation de l’information sont justement le point fort du renseignement russe qui a transformé en armes les méthodes avancées du léninisme en matière d’agitation et de propagande politique – agit-prop.

Aussi, indique-t-elle au risque d’être à son tour accusée si elle n’apporte pas de preuves, « nous obtenons de plus en plus d’informations sur les contacts entre des responsables de la campagne Trump et des proches de Trump avec les Russes avant, pendant et après l’élection. »

Il appartient à la justice fédérale d’éclaircir cette vaste conspiration présumée pro-russe mais en insistant sur le fait qu’elle n’aurait pas perdu l’élection loyalement, Hillary Clinton joue en fait contre son camp. Les Démocrates restent plus impopulaires que les Républicains et une majorité d’américains n’apprécie pas son jusque-boutisme.

Hillary Clinton omet qu’elle fut soutenue par 98% des médias américains et internationaux, une force d’influence qu’une écrasante majorité d’analystes du renseignement estime impossible à contrebalancer avec de « fausses informations » même avec l’aide des « Russes ».

Aussi, oublie-t-elle que le « piratage » du parti Démocrate fut possible notamment à cause de la faiblesse des mots de passe utilisés par ses membres bien plus que par quelque piratage technique stricto sensu (2). Enfin, le directeur de l’agence américaine de sécurité nationale (NSA), l’amiral Michael S. Rogers, a indiqué récemment n’avoir qu’une « confiance modérée » dans l’aide russe à Donald Trump.

A l’instar de l’ancien chef d’antenne et russophone Scott Uehlinger, d’anciens membres de la CIA ne croient guère en la capacité russe d’influencer une élection américaine au point d’en changer le résultat et estiment que tout ceci pourrait plutôt résulter d’une « duperie » (deception en anglais) russe.

Ceci vise à créer les apparences d’une vraie opération en fait fausse afin de dissimuler une autre mais vraie opération visant un objectif plus large à savoir semer le trouble à Washington et l’occuper à autre chose qu’aux problématiques stratégiques (Syrie, Ukraine) chères à Moscou.

(1) Live with Hillary Clinton, former US Senator, Secretary of State and the first woman to be nominated for president by a major US political party (Code Conference, 31 mai 2017)

(2) Le mot de passe du directeur de campagne John Podesta aurait par exemple été « mot de passe », rendant ainsi très facile l’accès à ses e-mails et ensuite à tout le réseau informatique du parti Démocrate.

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Auteur : Le Politique

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