En parlant de destin, Angela Merkel souhaite-elle le réveil de l’Europe ?



Depuis longtemps, Le Politique appelle les dirigeants européens à plus de réalisme sur tous les sujets, qu’ils soient économiques, diplomatiques et surtout sécuritaires.

A l’apparent désintéressement américain de l’Europe, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que « l’époque où nous pouvions nous reposer sur d’autres est en partie révolue. L’Europe doit prendre notre destin en main. »

Si une majorité d’européens est sensible à cet éclair de réalisme, il reste difficile d’évaluer la sincérité de la chancelière considérant l’écart constaté à plusieurs reprises entre ses mots plus durs prononcés en pleine campagne électorale et sa politique concrète.

Aussi le fait que Donald Trump ne soit pas un allié aussi accommodant que ses prédécesseurs avec l’Allemagne pourrait motiver Merkel à durcir sa position considérant l’habitude que Berlin a si longtemps eu de voir Washington soutenir la domination allemande en Europe.

Constatant que la force de l’Allemagne, notamment en matière économique, pourrait s’avérer contreproductive pour l’Europe dans son ensemble, l’administration Trump souhaite qu’Angela Merkel assouplisse ses positions et relâche la pression sur ses partenaires européens.

Que Trump ose contredire Merkel est en quelque sorte un coup de tonnerre dans une Allemagne si habituée à ce que personne ne conteste sa politique.

Si Angela Merkel veut réellement que l’Europe prenne son destin en main avec réalisme, elle sera suivie par une majorité d’européens. Mais si un tel destin consiste en fait à approfondir une Europe au service principal des intérêts allemands, Angela Merkel divisera les européens et affaiblira l’Europe.

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Auteur : Charles Rault

Charles Rault est spécialiste de l'information, fondateur de Le Politique.

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