La réponse antiterroriste de nos gouvernements est trop faible



Cela fait si longtemps que certains points sont rappelés, répétés, assénés à chaque attaque terroriste que l’on peut réellement s’interroger sur la volonté de nos gouvernements de lutter efficacement – et non apparemment – contre le terrorisme. Hier soir 22 mai 2017, un attentat terroriste a été perpétré à Manchester apparemment à l’aide d’explosifs détonés à la sortie d’un concert tenu au Manchester Arena.

Les morts et les blessés (1) viendront s’ajouter à la longue liste des victimes de l’angélisme obligatoire qui force à accepter l’inacceptable, à renier nos valeurs démocratiques et libérales sous couvert de tolérance, à se soumettre à une politique totalement inadaptée qui nous promet protection mais laisse grandes ouvertes les frontières à n’importe qui souhaite nous annihiler (2).

L’angélisme obligatoire consiste à accepter sans protester d’être assassiné et de vivre « durablement sous la menace terroriste » selon les mots prononcés par le président français Emmanuel Macron pendant la campagne électorale. Cette obligation ne s’applique bien sûr qu’au « peuple », aux « petits » et aux « sans-grades » qui, pour aller travailler ou assister à un concert, risquent désormais leur vie.

Heureux soyez-vous donc de vivre menacés en permanence et si votre enthousiasme baisse, alors c’est que le fascisme vous guette. Manchester n’est qu’une preuve supplémentaire que la réponse de l’Europe et des gouvernements au terrorisme et à l’idéologie qui le motive est bien trop faible. S’habituer, c’est être vaincu.

(1) Le bilan provisoire indique 19 morts et plus de 50 blessés.

(2) Le prétexte selon lequel l’ennemi est intérieur et qu’il serait donc inutile de rétablir de vraies frontières est erroné. Non seulement des opérationnels terroristes ont profité des frontières ouvertes pour commettre des attentats auparavant mais il est aussi plus aisé de traiter une situation intérieure en sachant que la menace extérieure est mieux maîtrisée.

Actuellement et au plus fort d’une menace terroriste sans cesse renouvelée, chacun peut en se rendant à une frontière constater qu’il n’a jamais été plus facile à quiconque d’entrer dans l’Union européenne (UE) et de circuler dans l’espace Schengen. Le « contrôle aux frontières » rétabli selon l’ex-président François Hollande n’existe que dans les textes mais il n’est que très rarement constaté in situ.

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Auteur : Jacques Dubuisson

Jacques Dubuisson est fonctionnaire à la retraite et s'intéresse aux problématiques sécuritaires.