Intimidés et harcelés, les Français ne sont plus guère libres de leur vote



Quoique l’on pense des candidats du second tour de l’élection présidentielle 2017, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, un nombre significatif de Français exprime un mécontentement grandissant quant au déroulement de la campagne électorale.

Il y a quelques jours déjà, une électrice appelait via Le Politique à la fin du harcèlement des électeurs « invités » à voter en faveur d’Emmanuel Macron estimant qu’ils n’étaient manifestement plus en mesure de voter librement et sereinement. En effet, la propagande déployée tous azimuts dépasse les limites acceptables dans le cadre d’une démocratie sans oublier qu’une large part est aux frais de 100% des Français puisque financée sur le budget de l’Etat ou subventionnée et ne sera pas inscrite au compte de campagne du candidat bénéficiaire.

C’est le cas notamment du concert anti-Front National (FN) organisé Place de la République à l’initiative de SOS Racisme à Paris. Si le message de tolérance est bien sûr bien accueilli puisque c’est la moindre des choses, appelez à « résister » à Marine Le Pen relève de la propagande électorale. Considérant que SOS Racisme reçoit des subventions et sans juger ici aucunement de sa mission, il s’agit donc d’un message politique financé par la totalité des Français. Les mêmes qui se félicitent d’une telle initiative condamneraient vertement cette initiative si elle était menée par le camp adverse.

Cet usage indiscriminé de l’argent et/ou des subventions publics à travers des concerts, des manifestations, des associations, des syndicats, des universités, des Mairies, etc… au bénéfice exclusif et systématique d’un seul et unique candidat à savoir Emmanuel Macron pose la question de la réalité démocratique de cette élection, surtout après le procès de Moscou (2) fait à François Fillon. Ce n’est pas être nécessairement favorable à Marine Le Pen que d’estimer qu’elle émet le bon constat en déclarant que « le peuple est dans une colère folle. »

L’ordre donné à tous les Français de ne voter que pour un candidat spécifique au prétexte contradictoire de « sauver la démocratie » l’amplifie d’ailleurs grandement. Que l’on apprécie Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, la Liberté fondamentale en démocratie consiste au minimum à laisser l’électeur voter librement, sans pression ni intimidation. Sans parti-pris politique pour l’un ou pour l’autre, la France n’est de ce point de vue pas une démocratie actuellement et ces mots seraient identiques si de tels faits étaient commis en présence de tous autres candidats au second tour.

ERRATUM: Le Politique avait auparavant parlé de Greenpeace France comme recevant des subventions publiques. Comme nous l’a indiqué un internaute, notre information était inexacte. Par conséquent, l’avons-nous retiré et présentons nos excuses pour cette coquille.

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(1)

(2) En référence aux “procès de Moscou” tenus de 1936 à 1938 par le procureur général soviétique Andreï Ianouarievitch Vychinski, et sans ignorer les erreurs commises par François Fillon lui-même.

Auteur : Charles Rault

Charles Rault est spécialiste de l'information, fondateur de Le Politique.

2 réflexions sur « Intimidés et harcelés, les Français ne sont plus guère libres de leur vote »

  1. Juste pour rétablir la vérité face aux informations de cet article. Greenpeace est une association 100% indépendante qui ne vit que grâce aux cotisations de ses adhérents. Elle ne reçoit pas un centime de subvention. Ce n’est donc pas un message politique financé par la totalité des Français mais par des adhérents qui croient en l’écologie, l’humain et les valeurs de la république en grand danger face au Front National. Pour ne pas faire comme nous avons pu observer lors du dernier débat présidentiel, il me semble important de vérifier ses sources et ses dossiers avant d’attaquer qui que ce soit…

    1. Nous vous remercions de votre commentaire et avons donc corrigé notre article. Sans parti-pris politique, nous ne pensons toutefois pas que les “valeurs de la République” puissent se réduire à obliger les Français à voter pour Emmanuel Macron plutôt que de les laisser, comme dans ce qui serait une vraie démocratie, libres de leur vote. Cette opération de Greenpeace nous paraît donc contreproductive et participative de cette chape de plomb qui empêche les électeurs de voter sereinement et tranquillement. Quand bien même nous apprécions la mission générale de Greenpeace, nous n’approuvons pas son implication dans l’élection présidentielle 2017.

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