Dépense publique : Macron réussirait-il là où Hollande a échoué?



Alors que Le Politique a posé sept questions concernant le projet de « super-taxe foncière » dont a parlé Renaud Dutreil, représentant d’Emmanuel Macron, à l’occasion du Grand O des Notaires de France le 29 mars 2017, des militants pro-Macron nous indiquent que la compensation de la suppression de 80% de taxe d’habitation (TH) sera concrétisée par des économies de 60 milliards d’euros.

Si en effet, sur le papier, c’est logique et exact, doit-on pour autant prendre une promesse comme un fait que l’on peut déjà anticiper ? Probablement non, et cela s’applique à tous les programmes politiques de tous les candidats et pas seulement à celui d’Emmanuel Macron. Ce dernier promet donc 60 milliards d’économies après que François Hollande a échoué à concrétiser sa baisse de 50 milliards d’euros.

Certes, Emmanuel Macron n’est pas François Hollande mais tout de même a-t-il été son Ministre de l’économie du 26 août 2014 au 30 août 2016 soit pendant 2 ans et 4 jours. Par conséquent, est-il légitime de s’interroger sur la promesse de baisser la dépense publique alors que ce ne fut pas le cas (1) lors du mandat de François Hollande dont Emmanuel Macron fut partie prenante au niveau le plus élevé et sur le sujet qui nous intéresse ici à savoir l’économie.

C’est pourquoi Le Politique a posé ces sept questions relatives à la « super-taxe foncière » car la France ne semble plus pouvoir s’offrir le « luxe » d’un nouveau choc fiscal ni de réformes qui, même partant d’une bonne volonté, pourraient s’avérer contreproductives.

Prenons ne serait-ce qu’un exemple : si les taux d’emprunt souverain de la France augmentent, ce qui serait logique considérant qu’ils sont encore historiquement bas, ne doit-on pas anticiper que 60 milliards de réduction de la dépense publique sont un objectif ambitieux et que d’autres mesures de compensation doivent être envisagées ?

Si avec des taux si bas, François Hollande a échoué, comment pourrait-on donc réussir avec des taux en hausse ? C’est pourquoi Le Politique estime qu’un bouleversement de la fiscalité serait prématuré et que des conditions cumulant retour de la confiance des ménages et des entreprises, renforcement de la croissance économique et baisse concrète du chômage seraient nécessaires avant d’en envisager le lancement effectif.

(1) En proportion de la pression fiscale, sensiblement augmentée pendant le mandat de François Hollande.

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Auteur : Le Politique

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