Résiliente, Marine Le Pen abandonne la sortie de l’euro et se présidentialise



Objectivement et du point de vue de l’électorat, la métamorphose est rapide et elle donne des résultats probants alors que la crise des gilets jaunes poursuit ses multiples effets. Le Front National (FN) est devenu le Rassemblement National (RN) et ce dernier semble de plus en plus se distinguer du premier tant les changements ont été nombreux depuis l’élection présidentielle et le débat raté de 2017.

D’abord, le départ de Florian Philippot de la vice-présidence du parti a emmené avec lui une grande part « de l’aile gauche » qui déplaisait particulièrement à la portion de l’électorat de droite classique qui était tentée de voter Marine Le Pen. Ensuite, l’alliance entre les deux tours avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La France (DLF), semble avoir montré aux cadres de RN combien une approche plus libérale et plus réaliste pouvait bénéficier à un parti qui semblait jouer l’éternel épouvantail cependant peu capable d’accéder au pouvoir.

Mais en abandonnant son idée-phare de sortie de l’euro, Marine Le Pen et le RN, en plus de bénéficier à plein du contexte actuel, font probablement « le grand bond en avant » qui pourrait bien leur ouvrir les portes du pouvoir. Alors que Les Républicains (LR) peinent à se faire entendre (1) et semblent même être sabotés de toutes parts par quelques-uns de leurs vétérans devenus de fervents partisans d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen a su jusqu’à maintenant déjouer les pronostics et renaître de ses cendres, sachant tirer extrêmement bien parti de la part populaire et conservatrice du vaste et divers mouvement des gilets jaunes.

Dans le même temps, a-t-elle capitalisé sur la déstabilisation d’Emmanuel Macron et sur l’affaiblissement significatif de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise (LFI). L’abandon programmatique de la question de la sortie de l’euro et l’appel à une « nouvelle gouvernance de la zone euro » sont deux étapes potentiellement fondatrices qui responsabilisent en quelque sorte Marine Le Pen auprès d’une portion accrue de l’électorat de droite jusque-là réticent à lui donner son vote.

Non seulement la dynamique européenne pourrait la porter, considérant l’immigration record avec plus de 400.000 entrées en France en 2018 et considérant la popularité de son allié Matteo Salvini en Italie où même des anciens électeurs du Parti Démocrate (gauche) le soutiennent désormais, mais aussi en rompant avec sa ligne non-conventionnelle (sortie de l’euro voire Frexit), Marine Le Pen menace directement les chances de réélection d’Emmanuel Macron et prouve sa capacité à surmonter les difficultés et à se remettre en question.

Oubliée l’abîme de juin 2017, Marine Le Pen est plus que jamais de retour sur le devant de la scène politique française en à peine un an et demi. Qu’on l’apprécie ou non, qu’on la combatte ou qu’on la soutienne, une telle capacité de rebond est rare et ne laissera probablement pas l’électorat insensible. Marine Le Pen se présidentialise.

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Notes

(1) Du fait notamment d’un traitement médiatique injuste et inéquitable.

Les Chrétiens sont persécutés mais les « élites » s’en foutent absolument



C’est un constat que la communauté internationale fait depuis longtemps sans pour autant intervenir et le génocide de nombreux Chrétiens d’Orient ces dernières années en est une des plus honteuses illustrations.

Dans un « deux poids deux mesures » perpétuel selon lequel certaines religions seraient toujours plus défendables que d’autres et selon lequel la victime devient même parfois le coupable, les Chrétiens se retrouvent abandonnés par des « élites » (1) auto-proclamées « progressistes » pour qui la tolérance unilatérale, la solidarité et l’humanisme naïfs s’appliquent à tous sauf, bien sûr, aux Chrétiens.

Leur indifférence vis-à-vis de ces derniers leur est si vive qu’on « assiste depuis six ans à une augmentation constante du niveau de persécution contre les Chrétiens dans le monde, » explique Portes ouvertes, une organisation non gouvernementale (ONG) protestante, dans un nouveau rapport qui souligne la progression dramatique des persécutions anti-Chrétiennes particulièrement en Afrique du nord.

Selon l’ONG, plus de 245 millions de Chrétiens, soit un sur neuf dans le monde, subissent violences ou discriminations notamment en Afrique – Algérie, Centrafrique, Erythrée, Libye, Mali, Mauritanie, Mali, Somalie, Soudan – et en Asie – Afghanistan, Pakistan, Inde, Corée du Nord.

En Europe, des attaques terroristes notamment contre les marchés de Noël et de nombreux faits divers sont souvent motivés par des considérations ouvertement anti-occidentales et anti-Chrétiennes que les autorités publiques se gardent bien de reconnaître comme telles considérant l’ampleur effrayante du phénomène qui voit notamment des cimetières Chrétiens et des Eglises être pillés et saccagés chaque semaine dans un silence assourdissant.

Aussi, les racines Chrétiennes de l’Europe sont-elles progressivement effacées au motif de « mieux accueillir » et de la laïcité, et la Chrétienté est régulièrement moquée, raillée et critiquée sans limite quand il est par ailleurs défendu voire même illégal de critiquer toute autre religion.

Alors que l’OTAN et la communauté internationale sont intervenues militairement après le massacre anti-musulman de Srebrenica, le génocide et la persécution quasi-généralisée de Chrétiens dans des régions parfois grandes comme dix fois la France n’a jamais motivé quelque intervention « humanitaire » de l’ONU et autres prix Nobel « de la paix » pourtant peu avares de leçons faites aux occidentaux (Chrétiens).

En plus donc de la persécution quotidienne, les Chrétiens restent les personnes plus discriminées par les institutions internationales, victimes également de l’apathie incompréhensible d’une Papauté immobile. En somme, les mêmes « humanistes » et « progressistes » qui s’émeuvent du moindre fait pour les uns s’en moquent dès lors qu’il s’agit de Chrétiens. Elle est belle « la communauté internationale » !

Notes

(1) A l’exception notable de François Fillon sur la scène politique française.

Nette hausse du déficit public en 2018 malgré une pression fiscale record



Le déficit du budget public français s’est élevé à 76,1 milliards d’euros en 2018, en hausse de 8,4 milliards d’euros par rapport à 2017.

De fait loin des objectifs d’une politique qui serait réellement libérale voire « d’austérité » selon ceux qui n’y seraient pas favorables, le gouvernement d’Emmanuel Macron voit le déficit budgétaire de l’Etat s’accroître suite notamment à la suppression progressive de la taxe d’habitation et à la baisse encore trop limitée des cotisations salariales.

Après 67,7 milliards d’euros de déficit budgétaire en 2017, soit le plus bas niveau depuis 2008 et le début de la crise financière la plus aigüe depuis celle de 1929, la hausse enregistrée en 2018 ne dépasse pas la prévision de 80 milliards d’euros émise dans la loi de finances rectificative de fin d’année, elle-même inférieure de 5,7 milliards d’euros à la prévision émise dans la première loi de finances pour 2018.

« Ces évolutions (…) confortent la capacité du gouvernement à maintenir le déficit public nettement sous 3% du PIB en 2018, pour la deuxième année consécutive, » a expliqué le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin.

Rappelons toutefois que la hausse sensible de la pression fiscale – directe à travers les impôts comme indirecte à travers les taxes telles que celles portant sur le carburant – et qui motive en partie le mécontentement largement exprimé parmi les citoyens a permis de contenir le déficit budgétaire.

Il convient donc de retenir deux choses à savoir d’abord que la France connaît toujours un déficit public massif, à mille lieues de l’Allemagne ou de la Suisse qui collectionnent les excédents, qu’ensuite le rapport entre la hausse certes contenue du déficit budgétaire et celle de la pression fiscale est très probablement négatif.

Enfin, que le déficit budgétaire ait augmenté de 8,4 milliards d’euros alors que l’impôt – inclus celui des collectivités locales – a significativement augmenté malgré le début de la suppression de la taxe d’habitation démontre une fois de plus l’efficience fiscale négative de nos dépenses publiques excessives financées par une fiscalité bien trop élevée et compliquée.

Baisser drastiquement et conjointement la dépense publique et les impôts demeure un objectif indispensable pour libérer l’économie et générer de la croissance économique.

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